L’Ordre dominicain et le Sacré-Cœur de Jésus

"Allez vous cacher intérieurement dans le côté de Jésus crucifié".

Sainte Catherine de Sienne
Enluminure du bienheureux Henri Suso en prière

L’ordre des Prêcheurs vit de la dévotion au Cœur de Jésus depuis plusieurs siècles. En effet, ses saints et ses saintes et ses docteurs ont rendu très tôt un culte au Cœur de Jésus.

Un ardent amour envers l’Eucharistie et la Passion a toujours caractérisé la piété dominicaine. Dès les origines, l’Ordre est familiarisé avec la blessure du côté du Christ si bien qu’il célébrait le vendredi après l’octave du Saint-Sacrement la fête de la Plaie du côté de Jésus.

En 1247, le pape Innocent IV, voulant donner un blason aux missionnaires dominicains, leur donna pour armes un Christ dépouillé et debout répandant son sang par la plaie du côté.

À la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, les Moniales dominicaines du monastère d’Unterlinden à Colmar priaient ainsi à la suite de la bienheureuse Christine de Stommeln OP, morte en 1312 : « Seigneur Jésus, je vous en prie par votre très doux Cœur broyé pour notre amour, recevez en paix mon cœur troublé et affligé, gardez-le miséricordieusement dans votre très doux Cœur. »

Les grands mystiques dominicains du XIVe siècle reviennent sur cette dévotion : citons Jean Tauler, le bienheureux Henri Suso qui alla jusqu’à se graver avec un stylet sur son propre cœur le nom de Jésus.

Sainte Catherine de Sienne se désaltéra au côté même de Jésus et plusieurs fois, le Christ lui apparut pour lui montrer la blessure de son cœur et lui en expliquer le symbolisme. Elle-même conseillait au bienheureux Raymond de Capoue OP : « Allez vous cacher intérieurement dans le côté de Jésus crucifié et là appliquez votre intelligence à regarder le secret du Cœur. »

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Le culte du Sacré-Cœur se développe dans l’Ordre avec les écrits de Louis de Grenade, puis d’Ignace de Nente en 1642.

Le Père Jandel, lui aussi dévot du Cœur de Jésus, reçut en février 1872 cette forte intuition durant une messe de devoir consacrer l’Ordre au Sacré Cœur de Jésus. Il la fit le 13 février 1872 et adressa une circulaire aux diverses provinces pour l’annoncer et demander que chaque couvent la renouvelle pour son compte.

Portrait du père Alexandre-Vincent Jandel en habit dominicain

Le 29 septembre 1891, le Père Frûhwirth, son successeur à la tête de l’Ordre, renouvelle cette consécration à Paray-le-Monial dans la chapelle des Apparitions.

De plus, rappelons que c’est un tertiaire dominicain, Rohault de Fleury, qui eut au couvent de Poitiers l’idée de l’œuvre du Vœu national de Montmartre et que c’est le Père Jandel qui obtint du pape Pie IX la première approbation qui permit de travailler à la réaliser. Enfin, c’est un autre tertiaire, Émile Keller, qui proposa à l’Assemblée nationale et fit adopter le projet d’où est sortie la Basilique nationale de Montmartre.